On était bien, on était heureux. Seuls. Ensemble. A quoi bon parler puisqu'on est si bien ? Le vent fait virevolter mes cheveux, le soleil caresse ma peau à travers la fenêtre grande ouverte. Les oiseaux chantonnent et les roses embaument. Parfaite photo. Doucement, je me retourne et m'appuie sur le coude pour le regarder, l'observer, m'émerveiller qu'un tel éphèbe fut mien. Ma main se perd dans ses cheveux foncés si bruns et soyeux. Je joue avec, les entortillent, me laisse transporter par son envoûtante odeur qui m'envahit peu à peu pour se mélanger à la mienne. Mon regard s'égare dans le sien, regard d'un chocolat si pur tandis que mes doigts s'amusent à retracer chaque trait de son corps, de sa peau typée, brunie par le soleil. Si parfaite. Si parfait. Tout est si parfait... Je pousse un soupir de contentement, ce qui fait sourire Tommy. Oh, et il ne le fait pas que simplement... Son sourire si éblouissant, si resplendissant illumine non seulement son regard mais aussi mon coeur. Jamais un sourire ne m'a autant bouleversé, jamais quelqu'un ne m'a autant chamboulé. Le jeune homme se redressa et je laissais mes yeux parcourir entièrement l'objet de mes pensées. De ses mèches folles jusqu'à ses pieds, nus, en passant par toutes les courbes de son torse... Tommy porta une cigarette à ses lèvres et se releva. Avec une moue interrogatrice, il me tendit sa main que je m'empressais d'accepter. Esquissant un pas de danse, il m'emprisonna de ses bras. Mais enfin, de cette prison, jamais je ne veux m'en échapper... D'un même mouvement, nous nous dirigeâmes vers le balcon ensoleillé. C'est si beau l'amour quand on est libre. C'est si beau l'amour quand on a seize ans... Cigarette aux doigts, je tirais une bouffée, profitant de ce moment de répis. A deux. Tout à coup, Tommy s'en empara et se précipita sur le lit encore défait, les draps de soie à moitié à terre et à l'autre bout de la chambre. Je lui demandais avec une moue charnelle et quasi innocente de me la rendre. Il me regarda avec un demi sourire qui laissait toute la place à l'imagination, et murmura, charmeur:
- Tu la veux ? Viens la chercher...
Alors, sourire aux lèvres, je m'élançais...
On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j'arrive...
